vendredi 25 mai 2012

AUNG SAN SUU KYI


AUNG SAN SUU KYI


A.    
La naissance et l’enfance de l’espoir
Aung San Suu Kyi est née le 19 juin 1945 à Rangoon, est la fille du général Aung San, ce dernier a négocié l’indépendance de la Birmanie  et sa mère Daw Khin Kyi. Son nom est la composition du nom de son père Aung San, de sa grand-mère Suu  et de sa mère Kyi. Presque six mois avant l’indépendance de la Birmanie son père a été assassiné, le 19 juillet 1947 elle avait que deux ans. La disparition de leur père, Aung San Suu Kyi, sa mère et ses frères vivaient à Rangoun (appelée Rangoon ou parfois Yangon) à l’époque la capitale du pays. A huit ans elle a perdu l’un de ses deux frères, Aung San Lin  mort accidentellement.
Dans les années 1950 et 1960 sa mère gagne une importance dans le milieu politique du gouvernement où elle sera nommée ambassadrice de la Birmanie à Delhi, en Inde.
Entre temps Suu Kyi étudiait à l’école  anglaise catholique de la Birmanie et elle va rejoindre sa mère afin de terminer ses études secondaires au Lady Shri Ram college  à New Delhi en 1964.
Elle va se déménager  pour la Grande Bretagne où elle suit un cursus de philosophie, politique et économie au  St Hugh’s college d’Oxford de 1964-1967, elle terminera ses études par un doctorat (Ph. D) À la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres.
A l’âge de 22 ans, la jeune étudiante déménage pour New York  en 1967, entame un second cycle d’études supérieurs et devient secrétaire assistante du comité des questions administratives et budgétaires des Nations Unies.
En 1972, elle va se marier à Michael Aris, un homme rencontré à Oxford alors qu’il était étudiant  en civilisations Tibétaines. Une après, en 1973, elle donne naissance à son premier enfant, Alexander  à Londres. En 1977, elle va donner naissance à son second enfant, Kim, né à Oxford. Suu Kyi vit alors entre le Royaume Uni et le Bhoutan, pays où habite son mari, car il fait à cette époque une étude sur l’Himalaya et le Tibet.
Sa vie en politique
Fortement influencée par la philosophie non violente du Mahatma Gandhi, Suu Kyi entre peu à peu en politique afin de travailler pour la démocratisation du pays. Le 27 septembre 1988, avec les anciens généraux Aung Gyi et Tin Oo, elle participe à la fondation de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), qui promeut des réformes politiques en Birmanie. Elle en devient la première secrétaire générale et un symbole du désir populaire pour la liberté politique.
Elle est arrêtée le 20 juillet 1989, le gouvernement militaire lui proposant la liberté à condition qu’elle quitte le pays, ce qu’elle refuse. Elle est mise plus tard en liberté « surveillée ».
En 1990, la junte militaire, sous la pression populaire, met en place des élections générales, qui sont gagnées très largement par le parti de Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie. Cette dernière remporte 58,7 % des voix et 392 des 492 sièges de l'assemblée, contre 21 % des voix et 10 sièges pour le parti soutenant le pouvoir militaire. Alors qu’elle doit ensuite prendre le poste de premier ministre, la junte militaire refuse le scrutin et annule le résultat des élections. Cela provoque un scandale au niveau international. Suu Kyi reçoit cette année-là le prix Sakharov et le prix Rafto puis le prix Nobel de la paix l’année suivante.
Elle va recevoir une somme de 1,3 millions qui lui permettre d’établir  un système de santé et d’éducation pour son peuple de Birmanie.
Elle est libérée de sa détention surveillée en juillet 1995, cependant il est très clair que si elle quittait le pays afin de rendre visite à sa famille au Royaume-Uni, elle se verrait refuser le droit de revenir en Birmanie. En 1996, en arrêtant un proche qui meurt en prison (affaire Nichols), la junte cherche à intimider Aung San Suu Kyi mais provoque un processus de sanctions internationales. En 1997, son mari Michael Aris est atteint du cancer de la prostate, cependant le gouvernement birman lui refuse le droit d’entrer pour visiter sa femme. La junte militaire essaie clairement de faire partir Suu Kyi afin de s’en « débarrasser ». Suu Kyi ne reverra jamais son mari qui meurt en 1999. De plus elle reste séparée de ses enfants, qui vivent toujours au Royaume-Uni.
Elle se voit refuser le droit de rencontrer les membres de son parti plusieurs fois. En septembre 2000, elle est mise une fois de plus en maison d’arrêt. Le 6 mai 2002, après une négociation secrète entre les Nations unies et la junte militaire, elle est libérée. Suu Kyi a alors déclaré : « C’est une nouvelle ère pour le pays ».
Lors de ses tournées, le 30 mai 2003, son convoi est attaqué dans le village de Depayin par un groupe paramilitaire payé par la junte au pouvoir. Beaucoup de ses supporters sont tués ou blessés durant cette embuscade. Suu Kyi réussit à s’échapper grâce à son chauffeur Ko Kyaw Soe Lin, mais est arrêtée un peu plus tard. Elle est alors à nouveau emprisonnée à la prison d'Insein à Rangoon. Elle est ensuite transférée en maison d’arrêt en septembre 2003 à cause de ses problèmes de santé et d’une hystérectomie.
Dans sa résidence surveillée la junte militaire s’interposait pour ses visiteurs, même pour les envoyés spéciaux de l’ONU, cette junte refusa l’entrée en Birmanie en mars 2004 de Razali Ismail, un envoyé spécial des Nations Unies et ce dernier démissionnera de son poste l’année suivante pour ce refus.
Le 28 novembre 2005, la junte militaire prolonge de six mois l’assignation de résidence de la chef de l’opposition Birmane. Cette prolongation est prise en vertu de la loi de 1975 de la protection de l’Etat (article 10b) qui vise à « protéger l’Etat d’éléments destructeurs » qui a donné le pouvoir à l’Etat d’emprisonner quelqu’un pendant cinq ans sans jugement.
Le 20 mai 2006, deux ans après le refus d’Ismail Razali d’entrée en Birmanie, la junte militaire autorise Ibrahim Gambari, l’envoyé spécial des Nations Unies va rencontrer Aung San Suu Kyi, cette visite étrangère  est la première depuis 2004.
Le 27 mai 2006, l'assignation à résidence de Aung San Suu Kyi est prolongée d'un an, ce qui provoque l’appel de Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, à Than Shwe le dirigeant de la junte militaire.
Suu Kyi sera hospitalisée, le 09 juin 2006, suite à de sévères diarrhées, selon un représentant des Nations unies pour un gouvernement de coalition nationale pour l’union de la Birmanie. La junte militaire rejette en bloc  ces informations.
Le 19 juin 2006, Suu Kyi passe son soixante et unième anniversaire en maison d'arrêt, sa ligne téléphonique est coupée, son courrier filtré et elle n'a pas accès aux soins médicaux qu'elle désire. Des manifestations sont organisées devant les ambassades birmanes. Le 14 mai 2007, un appel est lancé par une cinquantaine d'anciens dirigeants du monde entier pour la libération d'Aung San Suu Kyi.
Le 25 mai 2007, le régime militaire birman a une nouvelle fois prolongé d'un an l'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi.
Le 22 septembre 2007, l'opposante birmane assignée à résidence depuis 2003, est exceptionnellement sortie brièvement en pleurs de sa maison à Rangoun pour saluer des moines bouddhistes qui manifestent contre la junte militaire, pour la cinquième journée consécutive.
Le 24 septembre 2007, Aung San Suu Kyi a été enfermée à la prison d’Insein. L'assignation à résidence expire le dimanche 27 mai 2007, mais est reconduite sans autre forme de procès pour un an, et l'est de nouveau le 27 mai 2008, totalisant ainsi sept ans d'assignation à résidence forcée.
En septembre 2008, des inquiétudes s'expriment quant à sa santé, elle refuserait la nourriture qui lui est apportée par la junte militaire. En mai 2009, son état de santé est de plus en plus inquiétant (« Elle ne peut pas manger, sa tension est faible, et elle souffre de déshydratation », d'après son assistante médicale).
Aung San Suu Kyi est à nouveau placée en détention le 7 mai 2009 par les autorités birmanes. Selon la secrétaire d'État française Rama Yade, l’arrestation d’Aung San Suu Kyi, accusée d’activité subversive à quelques jours de sa libération, est un « prétexte manifestement recherché pour l’écarter du processus électoral, d’autant plus que la LND, le parti politique d’Aung San Suu Kyi, est totalement laminé ». L’objectif du régime est de « tout mettre en place pour arriver aux élections législatives de 2010 sans gêne, sans entrave ».
Le 10 août 2009, Aung San Suu Kyi est condamnée à 18 mois de détention, ce qui la prive de tout moyen de participer à l'élection générale de 2010. L'Union européenne menace la junte birmane de sanctions, et la Malaisie a appelé à une réunion d'urgence de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN). L'opposante birmane a décidé de faire appel.
Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, boycotte les élections législatives de 2010, les premières depuis la victoire de 1990, et la participation est faible.                                Le 13 novembre 2010, aux alentours de 12 heures (heure française), la police birmane enlève les barrières posées devant la résidence d'Aung San Suu Kyi permettant sa libération, après de longues années dans sa résidence sous surveillance permanente. Elle est depuis autorisée à se déplacer librement. Le 15 août 2011, elle a rencontré le président Thein Sein. Elle soutient l'ouverture engagée par le pouvoir, qui comprend notamment la libération de nombreux prisonniers.
L’espoir renait en Aung San Suu Kyi
Ayant été autorisée à se présenter aux élections législatives partielles de 2012, elle a enregistré sa candidature le 18 janvier 2012. Le 1er avril 2012, elle remporte très largement le scrutin et obtient ainsi son premier mandat officiel : celui de députée. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), prétend avoir remporté au moins 43 sièges des 45 sièges en jeu et les résultats officiels portant sur 40 sièges indiquent que tous ceux-ci ont été remportées par la LND. Toutefois, le parti reste très minoritaire dans la chambre basse qui compte 435 sièges, et les prochaines élections générales ne sont prévues que pour 2015.
Les prix et les mérites de Aung San Suu Kyi
1.      1990 : prix Rafto décerné par la Fondation Rafto pour les droits humains.
2.      1990 : prix Sakharov pour la liberté de pensée
3.      1991 : prix Nobel de la paix
5.      2005 : prix Olof Palme
6.      2008 : Prix de la Fondation décerné in abstentia par le Forum de Crans
Montana et remis par M. Jacques Barrot Vice-président de la Commission Européenne et M. Federico Mayor Co-président du Panel des Nations Unies pour l'Alliance des Civilisations
7.      2012 : Commandeur de l'Ordre de la Légion d'honneur française.
Son courage et sa détermination lui a valu ce prix, elle n’a jamais cédé aux arrestations dont elle a fait à tout moment l’objet, elle a donné un ton à travers des citations ci-dessous aux femmes du monde de n’est pas entretenir la peur :
« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… »
« Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. (...) Dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de ressurgir encore et toujours, car la peur n’est pas l’élément naturel de l’homme civilisé »











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